jeudi 26 février 2015

Le calendrier de la nature

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Nous savons tous vers quelle date devrait se produire le dernier gel dans la région où nous habitons. Au cours des siècles, les jardiniers, toujours intéressés à savoir quand planter sans craindre de gel, ont accumulé des données.  Nombreuses sont les listes qui indiquent la date approximative du dernier gel pour chaque ville.  Toutefois, ces dates sont bien sûr basées sur des moyennes et elles ne vous donnent qu'un aperçu de ce à quoi vous pouvez vous attendre. Non seulement la date du dernier gel varie-t-elle d'année en année, mais, avec le réchauffement planétaire, on estime que ces dates ont avancé de 5 à 10 jours au cours des cinquante dernières années. Donc, comment décider qu'il est temps de transplanter vos bégonias tubéreux au jardin? Le plus simple est je crois de s'en remettre au calendrier de la nature.


Begonia tubéreux





Ce calendrier ce sont les arbustes et les arbres qui poussent près du jardin que vous devez observer pour voir quand ils se décident à reverdir. Les arbres sont « programmés » pour ouvrir leurs bourgeons uniquement lorsque, selon leur code génétique, il n'y a plus de danger de gel. Cependant, tous les arbres ne s'y prennent pas de la même manière pour déchiffrer les messages de dame nature et certains ont plus d'aptidudes que d'autres.

Les arbres près du jardin sont les meilleurs indicateurs du dernier gel

En fait, ici dans l'Est de l'Amérique du Nord, les arbres et les arbustes ont, grosso modo, deux façons de juger quand aura lieu le dernier gel.

Bon nombre d'espèces, comme par exemple l'érable à sucre (Acer saccharum) et le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), non seulement se basent sur la chaleur ambiante pour laisser ouvrir leurs feuilles mais aussi sur le nombre de journées froides qui ont précédé le redoux. Lorsque la période froide a duré assez longtemps, ils attendent que le nombre prévu de journées chaudes se soit écoulé pour faire des feuilles.  Certains, comme le hêtre d'Amérique (Fagus grandifolia), tiennent aussi compte de la durée de l'ensoleillement. Ce sont là, ce que j'appellerais les arbres « prudents ».

Le zinnia, très susceptible aux gels tardifs
D'autres comme le bouleau blanc (Betula papyrifera), se basent uniquement sur la chaleur ambiante. C'est aussi le cas de la majorité des arbustes ornementaux originaires de contrées plus chaudes, entre autres le lilas (qui, bien qu'il résiste aux très grands froids, est originaire de climats plus doux que le nôtre). Ce sont ce que j'appellerais les arbres « preneurs de risques ».  En reverdissant plus tôt, il peuvent bénéficier de quelques semaines supplémentaires de photosynthèse. Par contre, ils risquent bien sûr d'être frappés par un gel tardif.

C'est donc dire que la façon la plus fiable de deviner quand les risques de gel sont passés, selon le calendrier de la nature, est d'observer les arbres et les arbustes « prudents » de votre localité, soit ceux qui ne réagissent pas seulement à la chaleur ambiante pour décider de verdoyer. Les essences ornementales exotiques, sont moins fiables car elles risquent plus de faire une erreur.


Le catalpa (aussi appelé chavanon) en fleur

Il ne faut pas oublier toutefois que certains arbres sont en fait « trop prudents ». Près du jardin, nous avons des frênes (Fraxinus nigra) et des catalpas (Catalpa speciosa). Or, ces derniers ne se risquent à ouvrir leurs feuilles que longtemps après le dernier gel. Ils ne sont donc pas de très bons indicateurs pour le jardinier.


Frènes (Fraxinus nigra)
Tout cela n'est pas aussi complexe que ça en a l'air. En fait, les arbres sont particulièrement doués pour interpréter le calendrier de la nature. Combien de fois les feuilles des arbres indigènes de votre région ont-elles été surprises par un gel tardif? Presque jamais.  En fin de compte, quand pouvez-vous transplanter au jardin vos plantes susceptibles au gel? Si vous aimez le risque, basez-vous sur les bouleaux. Toutefois, l'érable à sucre est plus fiable. Si vous avez horreur du risque, attendez que s'ouvrent les larges feuilles du catalpa. Si aucun de ces arbres ne poussent dans votre région. observez ce printemps quels arbres des alentours fournissent les mêmes indices.



2 commentaires:

  1. Très intéressant tout cela ! ici aussi le Catalpa est le dernier à oser fleurir! Mais il me semble que ces indicateurs sot mins fiables chez nous, parce que le climat fait plus de "yo-yo" que chez vous, non ? Et beaucoup d'arbres, surtout nord américains d'ailleurs, se font surprendre et supportent mal un coup de gel après 3 semaines à 15°C!

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  2. Je crois que tu as tout à fait raison. Votre dernier gel peut varier beaucoup plus que le nôtre. À vrai dire, nous n'avons presque pas de printemps. Nous passons de l'hiver à l'été très rapidement, ce qui fait que la période pendant laquelle un gel tardif peut survenir est beaucoup plus courte que chez vous.

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